Quinze jours après Georges Lautner, le cinéma français grand public a perdu un autre de ses réalisateurs emblématiques, Édouard Molinaro, décédé à l’âge de 85 ans, des suites d’une insuffisance respiratoire. C’est à lui que l’on devait les inaltérables succès comme OscarL’Emmerdeur et surtout La cage aux folles.

Né à Bordeaux le 13 mai 1928, dans une famille bourgeoise, Édouard Molinaro était réputé pour la précision de son travail, mais aussi pour sa très grande modestie.

Au début de sa carrière, il avait été classé dans la «nouvelle vague», à la fin des années cinquante, avant de se lancer vers vaudevilles et comédies avec plusieurs monstres sacrés comme Louis de Funès, Lino Ventura ou encore Jacques Brel.

C’est l’adaptation, en 1978, de La Cage aux folles, de Jean Poiret, avec Michel Serrault et Ugo Tognazzi, qui lui apportera son plus grand succès commercial, immortalisé par la scène de «la biscotte». Le film fut plébiscité jusqu’aux États-Unis, avec deux nominations aux Oscars.

Autodidacte, passé par la réalisation de plusieurs documentaires, il aborde le long-métrage par le film policier. Le Dos au mur, en 1957, avec Jeanne Moreau et Gérard Oury, est l’adaptation d’un roman policier de Frédéric Dard.

Suivront Des Femmes disparaissent (1958), avec Robert Hossein et Magali Noël, puis Un Témoin dans la ville (1959) avec Lino Ventura.

Après La Mort de Belle (1960), d’après un roman de Georges Simenon, Édouard Molinaro amorce sa reconversion dans la comédie grand public. Louis de Funès lui assure le succès populaire avec Oscar en 1967, et dans une moindre mesureHibernatus, en 1969.

Dans les années 90, Édouard Molinaro continue à adapter des pièces de théâtre pour le grand écran, comme Le Souper (1992), avec Claude Brasseur et Claude Rich.

Mais il se tourne alors surtout vers la télévision, réalisant des téléfilms. Il avait à son actif une cinquantaine de films pour le cinéma et la télévision.

Pour l’acteur Pierre Arditi, interrogé par la radio publique France Info, Édouard Molinaro, «appartenait à cette catégorie de cinéastes qu’on appelait d’une manière péjorative et totalement injustifiée des bons fabricants, comme s’ils n’étaient pas des bons créateurs».

Source: lavenir.net