Avis de décès
(1) Login réservé à la famille
Vous ne pouvez vous connecter ici que via l'administrateur, il s'agit d'un proche du défunt.
Si vous souhaitez devenir un (co) administrateur, contactez-nous via inmemoriam@lavenir.net. Visitez notre FAQ pour plus d'informations.
Si vous avez déjà un identifiant, cliquez ici pour vous connecter
Si vous souhaitez devenir un (co) administrateur, contactez-nous via inmemoriam@lavenir.net. Visitez notre FAQ pour plus d'informations.
Si vous avez déjà un identifiant, cliquez ici pour vous connecter
Condoléances
A Saint-Hubert (ou Arville) où je l’accompagnais quelquefois, Noot commençait par mettre un vieux Jeans et s’attelait tant bien que mal à la foule de travaux de construction ou d’entretien, en se réservant bien sûr un peu de temps pour lire le dernier numéro du Scientific American ou pour faire une tarte au pommes. Nelly coordonnait les manoeuvres au moment du petit déjeuner, puis on s’y mettait. Nettoyage des boxes, montage de clôtures : une matinée est vite passée.
Dans leur jeunesse, Noot et son frère avaient été imprégnés d’une sorte de mythologie forestière constituée de récits de trappeurs, de camps scout, de cabane dans les bois, de pêche en canoë. Cette matrice resta une référence et il entreprit d’ailleurs de m’en transmettre une partie.
En 1980, ce fut l’importation depuis une fabrique du Maine d’un canoë de type indien, en bois de cèdre, dans lequel je navigue toujours, le laissant glisser sur les eaux luisantes de la Semois.
Mon oncle Jean - que j’appelais Noot - joua pour moi un rôle complémentaire à celui de mon père; aimant la randonnée à cheval en Lozère, profondément captivé par la nature et m’associant parfois à ses travaux et à ses projets.
Nous nous sommes beaucoup vus dans les années ‘80. Je connus alors d’une part un Noot théoricien, d’autre part un Noot cavalier et “gentleman farmer”. Noot alternait des journées de cours à Bruxelles et de longs week-ends dans l’ancienne ferme à Arville, qu’il fallait rénover et compléter d’installations équestres - un projet qui, vu de loin par une famille plutôt citadine, paraissait titanesque.
A Bruxelles, Noot venait nous rendre visite le mardi soir, visites marquées par de longues discussions. Il partageait avec mon père une approche très conceptuelle des choses, mais s’intéressait à d’autres domaines, en particulier à l’écologie. (à suivre)
Les temps sont durs pour les Philippot et les Delvaux, ces deux familles si étroitement liées. Perdre Jacques Delvaux, puis Paul Philippot, puis tout récemment Pierre Delvaux, et Jean : les quatre mousquetaires qui ont passé une grande partie de leur jeunesse ensemble, nous ont quittés à tour de rôle. C'est comme s'ils étaient encore unis, maintenant dans le souvenir. LES souvenirs d'une saga de famille que nous avons recueillie et précieusement sauvegardée.
C'est peu dire que la transmission a été importante, elle était une mission et une vocation. Il s'agissait, si j'ai bien compris, de la transmission d'un savoir, mais aussi d'un code éthique et d'une fidélité à un mode de vie harmonieux en accord avec la nature, à l'écoute de ses apparitions merveilleuses. Et puis il y avait ce quelque chose qui ne s'exprime pas, mais qui transparaît ou émane d'une personne. Avant-hier, j'ai eu l'occasion de saluer une ancienne étudiante de Jean, qui parlait de son amabilité, et nous avons pensé : sa douceur. La douceur, ce mot qui flottait entre nous, Nelly, devant le bouquet blanc que voici.
La VUB. Quel étrange destin pour nous deux, toi Nelly, étudiante chez Jean, moi chez Paul – et quelle chance d'avoir pu percevoir ce quelque chose dont je viens de parler. Vu de l'extérieur, les deux frères paraissaient timides. Pourtant bien campés, sûrs d'eux-mêmes, forts dans leur conviction de libre pensée, c'est-à-dire la science, le rationnel et le bon sens. A l'époque, début des années soixante, on se posait aussi des questions existentielles, qu'est-ce que la science, la vérité comme dévoilement, qu'est-ce que Etre veut dire. J'aimais les maths à l'athénée, mais j'ai choisi la philosophie. Et un jour, j'ai assisté à une conférence du prof. Prigogine, qui trouvait qu'une découverte en mathématique, c'est-à-dire tomber sur une vérité, donne un sentiment de beauté qui confirmait la vérité! Jean lui aussi, aimait vraiment les démonstrations, il se lançait dans des discours où tout s'enchaînait dans une logique imperturbable et il en était ravi (En daarom zijn de bananen krom!), il était imbattable et j'en était fort intimidée.
Ah, les discours des Philippot et des Delvaux, à tour de rôle en se respectant mutuellement ! Cela se passait parfois à Chiny, aux deux bancs d'école réunis qui nous servaient de table, avec vue sur le ruisseau. En fait, très tôt déjà, au milieu des années soixante, Jean se souciait et s'inquiétait du progrès de l'humanité. Il avait créé un cours 'Wetenschap en maatschappij'. La démographie galopante, l'emprise de la religion, ces questions-clés d'aujourd'hui étaient les grands sujets. Un des livres qu'il aimait citer était : 'Les religions meurtrières' d'Elie Barnavi, Catastrophe, les fanatismes religieux. MAIS il nous reste la beauté. La beauté a été partout dans la vie de Jean et Nelly. Les randonnées à cheval, par exemple, et quels chevaux ! On n'en trouve pas de plus beaux. Leurs voyages, la maison, si bien intégrée au beau milieu de prairies et de vallées. Moirmonay et Chiny : si proches. Je me souviens d'une randonnée de Jean : tout à coup il nous apparaissait du fond de l'allée du bouleau : il avait prouvé qu’il pouvait rejoindre la Maison Canadienne à Chiny en une journée de cheval à partir du Haras du Moirmonay. Il en était si content qu'il nous a demandé de le photographier en arrivant sur son cheval superbe et a donc refait son entrée (clic!) – en bon acteur.
Plus tard, à la retraite, devenu plus rêveur, il évoquait l'esprit éclairé d'un Erasme, homme du monde. L'esprit d'humanisme était pour lui la valeur par excellence. L'humanisme, et non la course vers le profit au lieu du bonheur désintéressé. Que faut-il pour être heureux?,avait-il coutume de demander. « Un petit coin de nature et un bon livre »
A Chiny, il avait ses images-clé qui devenaient comme de petits centres du monde : le héron au tournant de la Semois, les mélèzes. Une fois bien campé sur une chaise basse au pied du grand mélèze, un peu penché en arrière, parfois protégé du soleil par un chapeau de paille, il ne bougeait plus. C'est ainsi que je l'ai connu très tôt en arrivant moi-même à Chiny en 1965.
Et j'oublie les jonquilles !
Quand Jean est venu l'année passée à la fin du printemps, il espérait trouver le pré plein de jonquilles. Elles étaient déjà un peu fanées, mais bon, ce n'était pas grave. Nous sommes restés ainsi sous le grand mélèze, à bavarder ensemble, hors du temps. Merci, Jean, pour ce grand cadeau.
Les temps sont durs pour les Philippot et les Delvaux, ces deux familles si étroitement liées. Perdre Jacques Delvaux, puis Paul Philippot, puis tout récemment Pierre Delvaux, et Jean : les quatre mousquetaires qui ont passé une grande partie de leur jeunesse ensemble, nous ont quittés à tour de rôle. C'est comme s'ils étaient encore unis, maintenant dans le souvenir. LES souvenirs d'une saga de famille que nous avons recueillie et précieusement sauvegardée.
C'est peu dire que la transmission a été importante, elle était une mission et une vocation. Il s'agissait, si j'ai bien compris, de la transmission d'un savoir, mais aussi d'un code éthique et d'une fidélité à un mode de vie harmonieux en accord avec la nature, à l'écoute de ses apparitions merveilleuses. Et puis il y avait ce quelque chose qui ne s'exprime pas, mais qui transparaît ou émane d'une personne. Avant-hier, j'ai eu l'occasion de saluer une ancienne étudiante de Jean, qui parlait de son amabilité, et nous avons pensé : sa douceur. La douceur, ce mot qui flottait entre nous, Nelly, devant le bouquet blanc que voici.
La VUB. Quel étrange destin pour nous deux, toi Nelly, étudiante chez Jean, moi chez Paul – et quelle chance d'avoir pu percevoir ce quelque chose dont je viens de parler. Vu de l'extérieur, les deux frères paraissaient timides. Pourtant bien campés, sûrs d'eux-mêmes, forts dans leur conviction de libre pensée, c'est-à-dire la science, le rationnel et le bon sens. A l'époque, début des années soixante, on se posait aussi des questions existentielles, qu'est-ce que la science, la vérité comme dévoilement, qu'est-ce que Etre veut dire. J'aimais les maths à l'athénée, mais j'ai choisi la philosophie. Et un jour, j'ai assisté à une conférence du prof. Prigogine, qui trouvait qu'une découverte en mathématique, c'est-à-dire tomber sur une vérité, donne un sentiment de beauté qui confirmait la vérité! Jean lui aussi, aimait vraiment les démonstrations, il se lançait dans des discours où tout s'enchaînait dans une logique imperturbable et il en était ravi (En daarom zijn de bananen krom!), il était imbattable et j'en était fort intimidée.
Ah, les discours des Philippot et des Delvaux, à tour de rôle en se respectant mutuellement ! Cela se passait parfois à Chiny, aux deux bancs d'école réunis qui nous servaient de table, avec vue sur le ruisseau. En fait, très tôt déjà, au milieu des années soixante, Jean se souciait et s'inquiétait du progrès de l'humanité. Il avait créé un cours 'Wetenschap en maatschappij'. La démographie galopante, l'emprise de la religion, ces questions-clés d'aujourd'hui étaient les grands sujets. Un des livres qu'il aimait citer était : 'Les religions meurtrières' d'Elie Barnavi, Catastrophe, les fanatismes religieux. MAIS il nous reste la beauté. La beauté a été partout dans la vie de Jean et Nelly. Les randonnées à cheval, par exemple, et quels chevaux ! On n'en trouve pas de plus beaux. Leurs voyages, la maison, si bien intégrée au beau milieu de prairies et de vallées. Moirmonay et Chiny : si proches. Je me souviens d'une randonnée de Jean : tout à coup il nous apparaissait du fond de l'allée du bouleau : il avait prouvé qu’il pouvait rejoindre la Maison Canadienne à Chiny en une journée de cheval à partir du Haras du Moirmonay. Il en était si content qu'il nous a demandé de le photographier en arrivant sur son cheval superbe et a donc refait son entrée (clic!) – en bon acteur.
Plus tard, à la retraite, devenu plus rêveur, il évoquait l'esprit éclairé d'un Erasme, homme du monde. L'esprit d'humanisme était pour lui la valeur par excellence. L'humanisme, et non la course vers le profit au lieu du bonheur désintéressé. Que faut-il pour être heureux?,avait-il coutume de demander. « Un petit coin de nature et un bon livre »
A Chiny, il avait ses images-clé qui devenaient comme de petits centres du monde : le héron au tournant de la Semois, les mélèzes. Une fois bien campé sur une chaise basse au pied du grand mélèze, un peu penché en arrière, parfois protégé du soleil par un chapeau de paille, il ne bougeait plus. C'est ainsi que je l'ai connu très tôt en arrivant moi-même à Chiny en 1965.
Et j'oublie les jonquilles !
Quand Jean est venu l'année passée à la fin du printemps, il espérait trouver le pré plein de jonquilles. Elles étaient déjà un peu fanées, mais bon, ce n'était pas grave. Nous sommes restés ainsi sous le grand mélèze, à bavarder ensemble, hors du temps. Merci, Jean, pour ce grand cadeau.
Par Franz Bingen
Cher Jean,
Voici un peu moins de 70 ans que nous nous sommes rencontrés à l'ULB. Tu y avais commencé la licence en chimie en 1947. Tu la termineras brillamment avec un mémoire de licence chez Ilya Progogine. Tu deviendras son assistant et il dirigera ton doctorat. Mais tu voulais aussi approfondir tes connaissances en physique. Pour cela tu t'inscriras dans cette licence. C'est là que je t'ai rencontré. De fil en aiguille a commencé une amitié qui a rapidement débordé le cadre universitaire.
Il s'était formé autour de Jean Jeener et André Bellemans un groupe de mordus de la haute montagne. Nous en faisions partie. Cela nous a amené à faire plusieurs randonnées ensemble. Ainsi en 1954 nous avons grimpé au sommet de l'Alalinhorn, un 4000 mètres du Valais pour débutants. Un de tes films en témoigne. Car tu avais aussi le don de la photographie et du film. Tu avais d'ailleurs été approché comme cinéaste pour accompagner une expédition belge en Antarctique.
Suite à la l