Décès de l’ancien ministre François Perin

Décès de l’ancien ministre François Perin

Le professeur émérite de droit François Perin a été l’un des acteurs majeurs des réformes institutionnelles.

Le professeur émérite François Perin, un des pères du régionalisme, est décédé à l'âge de 92 ans. Ce juriste liégeois a été l'un des acteurs majeurs des réformes institutionnelles et l'un des moteurs de la marche de la Belgique vers le fédéralisme. On lui doit notamment la copaternité de l'article 107 quater de la Constitution (ancienne numérotation) consacrant les Régions wallonne, bruxelloise et flamande.

Ce "107 quater" enflamma la vie communautaire belge durant deux décennies, en raison des revendications asymétriques, au nord et au sud, quant à l'avenir institutionnel du pays. Cette situation se débloqua définitivement avec la création effective de la Région bruxelloise en 1988, en échange de l'accord dit de pacification communautaire à Fourons.

 

Professeur de droit constitutionnel à l'ULg, François Perin a connu un parcours politique sinueux: socialiste, anti-léopoldiste, renardiste, régionaliste, réformateur libéral, happartiste, et enfin rattachiste.

 

Dans la fracture entre le nord et le sud

 

Lors de l'épisode de la "question royale" (1945-1951), l'homme s'affirme. Il s'engouffre dans la fracture, nette, entre le nord et le sud du pays grâce à ses talents d'orateur et de débatteur, qui en font un plaideur pour le fédéralisme et un politicien de premier ordre.

 

François Perin devient ensuite président de parti, puis député en 1965, premier élu sur une liste exclusivement wallonne. Après avoir négocié, depuis l'opposition, la réforme de l'Etat de 1970, préfigurant l'Etat fédéral (trois Communautés et trois Régions), il sera le premier membre, de l'histoire du pays, d'un gouvernement (Tindemans) issu d'un parti régionaliste.

 

En 1976, il quitte, sur fond de dissensions, la formation du Rassemblement Wallon qu'il a fondée. Après des tractations avortées avec le PSC, il met sur pied, avec une série de personnalités dont Jean Gol et Etienne Knoops, le Parti des Réformes et de la Liberté de Wallonie (PRLW) qui succède au PLP d'André Damseaux. Cette nouvelle formation deviendra rapidement le PRL, ancêtre de l'actuel Mouvement réformateur (MR).

 

Rattachiste

 

François Perin siège comme sénateur jusqu'en 1980 quand il décide alors de quitter définitivement cet hémicycle en déclarant "ne pouvoir rester représentant d'un État auquel il ne croit plus et d'une nation qui n'existe plus". Il quitte le PRL dont il ne peut plus "cautionner la politique conservatrice" et vision fédéraliste européenne.

 

Sur la fin de sa vie, il embrasse la cause rattachiste. Il figure sur une liste du Rassemblement Wallonie-France (RWF) en 2006. Régionaliste convaincu tout au long de sa vie politique, François Perin voyait la Communauté française comme une osmose naturelle qui n'avait pas besoin d'institutions. Comme dans un dernier pied de nez, il s'en est allé un 27 septembre, à l'heure où les huiles francophones s'interrogeaient sur l'avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Signez le carnet de condoléances

Sources : lavenir.net avec Belga

Photo: Belgaimage

©2019 Inmemoriam - une initiative de Mediahuis - Website by Brainlane